Littérature & société N° 17           Automne - Hiver 2010
Notre liberté aujourd’hui n’est rien d’autre que le libre choix de lutter pour devenir libres. Et l’aspect paradoxal de cette formule exprime simplement le paradoxe de notre condition historique.
Jean-Paul Sartre, 1952
 
Les choses ont-elles vraiment changé dans notre « condition historique » depuis près de soixante ans ? Le monde, lui, a évidemment changé, et notre condition historique avec lui. Mais sans doute pas la définition de notre condition par rapport à ce monde moins nouveau qu’il y paraît ; pas plus que la nécessité de choisir de lutter pour devenir libres.
Homère, Sophocle, Socrate nous disent-ils autre chose ? La Grèce reste une utopie, un rêve et (si l’on en croit l’étymologie grecque), un non-lieu, c’est-à-dire tous les lieux. Depuis plus de trois mille ans, les écrivains grecs écrivent dans la même langue et chacun à sa façon nous rappelle les paroles universelles d’Antigone : Odysseus Elytis (le bien (pré)nommé), Vassilis Alexakis, Kiki Dimoula, Loùla Anagnostàki (une voix irremplaçable au théâtre).
Le regard que porte Jean Echenoz sur le monde fait de lui un héritier de Georges Perec, et l’épreuve qu’il fait subir à la langue et à la narration, un héritier de Queneau. La « petite mélancolie » (humeur noire d’après l’étymologie grecque) qui se dégage de ses textes est aussi la nôtre devant le monde. Celle de notre condition historique. Des études qui nous ouvrent l’œuvre d’Echenoz, ainsi qu’un entretien avec l’auteur et une lettre manuscrite originale.
 Enfin, le dossier intitulé simplement Feu réunit des textes de toutes langues et de toutes origines, qui renvoient aux mythes et aux rites fondateurs et destructeurs des civilisations (de Prométhée à la guerre de Troie) : Taslima Nasreen, Charles Malamoud, Dylan Thomas, George Szirtes…
Éditorial Sommaire
LA LITTÉRATURE GRECQUE CONTEMPORAINE
Dossier conçu et coordonné par Constantin Bobas 
Constantin Bobas : Introduction
Robert Davreu : Lumière de la poésie
Georges P. Pefanis : Le théâtre contemporain
Henri Tonnet : Le roman policier
Odysseus Elytis : Axion Esti
Pavlos Matessis : Aldébaran
Thanassis Valtinos : Besoin urgent de lit
Vassilis Alexakis : Ap. J.-C.
Klairi Mitsotaki : Flora Mirabilis 
Michel Faïs : Ægypius Monachus 
Dimitris Dimitriadis : Procédures de règlement des différends
Loula Anagnostaki : Le ciel rouge
Stratis Paschalis : Poèmes
Iakovos Cambanellis : Passage par le dedans
Vassilis Ziogas : Le bozo
Christóforos Liontakis : Avec la lumière                       
Titos Patrikios	 : Nouveau tracé
Apostolos Doxadis : Oncle Petros
Petros Markaris : Athènes, capitale des Balkans
Argyris Chionis : Être et ne-pas-être
Réa Galanaki : Une main presque bleue
Kiki Dimoula : Végétation de serre
Ioanna Karystiani : Swell 
Theodor Kallifatides : Mères et fils
Mènis Koumandarèas : « Le diable a perdu son téléphone portable »

HORS CADRE : JEAN ECHENOZ 
Dossier coordonné par Jean Guiloineau
Agnès Castiglione : La gare de Poitiers
Jean Echenoz et Siècle 21 : Entretien
Jean Echenoz : Lettre manuscrite
Bruno Blankeman : À courir pour courir 
Dominique Viart : Réflexions dans les marges
Christine Jérusalem : Mélancolie echenozienne 
Gérard Titus-Carmel : Thèmes et improvisations
Bibliographie de Jean Echenoz

FEU 
Dossier coordonné par Tirthankar Chanda et Marie-Claudette Kirpalani
Charles Malamoud : Le feu en ses poèmes
Taslima Nasreen : Feu
Alfons Cervera : Triptyque d’oiseaux et avions sur fond 
			    d’incendie
Daniel Pozner : Cendres entre les lignes
Dylan Thomas : Malheureusement pour une mort
Chart Korbjitti : En marge
Marcel Barang : Shall we have an affair ? 
George Szirtes : Post-scriptum 
Ana Sebastiàn : De feux et de mots
Mariam Karim : Celui qui est en quête
Frédéric Lefebvre : Désert en flammes
Yves Boudier : Sur l’épaule
Chenaktsang Dorje Tsering : Rituel du feu
Gabrielle Althen : « La bibliothèque est en feu »     T Télécharger
Maya El Khoury : Ante mortem
José Triana : L’enfance et le feu
Charoonporn Parapakpralai : Fumée
Tirthankar Chanda : Extraits du journal d’Alberto P. 
Juliette Einhorn : Tristes traces
Antoine Brossard : Les métamorphoses de Feu
Laurent Nadot	 : La profondeur du feu
Jean Guiloineau : Je t’ai rien fait !
Thérèse Fournier : Jos
Sophie Loizeau : Fragments

CHRONIQUES 
En r’venant de l’expo
Jean-Marie Chevrier : Cette nostalgie de l’air (Annie Polak) 

Hommages
Jean Guiloineau : Alan Sillitoe
Frédéric-Jacques Temple : Henry Miller

Paroles gelées
Jérôme Vérain	 : « Culte »     T Télécharger

Passants du siècle
Leïla Sebbar : Les pleurantes et les pleurants
Jean Guiloineau : L’un et l’autre T Télécharger 
Gabrielle Althen : L’amateur de poésie
Christiane Baroche : Transports
Sylvie Durbec : Où habitez-vous ?AB406853-C362-4677-B64C-90AE450073C6_files/Bibliotheque%20GA%2017.pdfAB406853-C362-4677-B64C-90AE450073C6_files/Chron%20JV%2017.pdfAB406853-C362-4677-B64C-90AE450073C6_files/Un%20autre%20JG%2017.pdfshapeimage_6_link_0shapeimage_6_link_1shapeimage_6_link_2
La littérature grecque contemporaine 

Jean Echenoz

Feu

Illustrations : Annie Polak
Annie Polak vit et travaille à Paris. « Une planche de cuivre est un outil. Le minimum. Et puis la qualité de l’incision, forte ou légère, qui crée des noirs profonds ou de subtils gris. » C’est ainsi qu’Annie Polak décrit ses outils et son art. Un art fait de traits répétitifs (des parenthèses, dit-elle) qui s’envolent pour devenir oiseaux ou arbres. Harmonie, poésie, sensibilité, simplicité.
Nombreuses expositions en France et à l’étranger.